La Guerre et les intérêts européens dans la question italienne (Récit Historique) par Charles de Mazade

La Guerre et les intérêts européens dans la question italienne (Récit Historique) par Charles de Mazade

Titre de livre: La Guerre et les intérêts européens dans la question italienne (Récit Historique)

Auteur: Charles de Mazade

Broché: 26 pages

Date de sortie: October 13, 2015

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Charles de Mazade avec La Guerre et les intérêts européens dans la question italienne (Récit Historique)

Extrait du livre :

Ce n’est plus dans les conseils de la diplomatie que les destinées italiennes s’agitent désormais. Le mouvement fatal des choses ramène au-delà des Alpes des armées qui se sont vues plus d’une fois en présence dans le cours de l’histoire, pour débattre une question qui est l’inépuisable tourment du monde, qui a eu souvent aussi la triste fortune de disparaître dans de plus vastes conflagrations dont elle finissait par n’être qu’un élément épisodique et sacrifié. L’Italie sera-t-elle indépendante et libre, ou restera-t-elle soumise à une domination envahissante qui ne s’est servie d’une légalité primitive et conventionnelle que pour s’étendre hors de toutes les limites du droit qui l’avait fondée, pour subordonner tout un système d’états à un intérêt de prépondérance étrangère et créer un foyer permanent de trouble ? Voilà le problème livré d’abord à toutes les discussions, à toutes les polémiques de l’opinion européenne passionnément remuée, et d’où est bientôt sorti un conflit dont l’effort de toutes les volontés pacifiques n’a pu avoir raison.

Tout a marché avec une redoutable et irrésistible logique. Il y a trois mois, la politique de l’Autriche et ses excès de prépondérance en Italie étaient seuls en cause ; en se portant en avant, il y a un mois, par le passage du Tessin, c’est l’Autriche elle-même qui a ouvert le combat, livrant ainsi au sort des armes non-seulement sa politique, mais encore ses droits de possession dans les provinces du nord de la péninsule, et élevant en quelque sorte de ses propres mains, par la rupture des traités, la question de l’indépendance complète de l’Italie. Pendant quelque temps, on s’irritait presque de la lenteur, de l’obscurité des négociations et des événements ; on a été presque surpris à la fin par la brusquerie du dénouement qui a subitement attiré nos soldats à Alexandrie et à Gênes. Aujourd’hui le premier choc a éclaté devant l’Europe, attentive, émue et agitée des sentiments les plus contraires. Ce n’est donc plus le congrès avant la guerre, c’est la guerre avant le congrès. Et maintenant plus que jamais il reste un problème qui pèse sur la conscience des peuples et des gouvernements : cette lutte que rien n’a pu détourner, jusqu’où ira-t-elle, et où s’arrêtera-t-elle ? Est-ce un péril pour l’ordre conservateur des sociétés et une menace pour toutes les situations territoriales ? En un mot, cette guerre qui commence est-elle fatalement condamnée par son principe, par son objet, par tous les ferments qu’elle échauffe, par toutes les considérations d’équilibre qu’elle soulève, à devenir une guerre révolutionnaire et européenne ? C’est bien là, si nous ne nous trompons, le nœud de cette grande affaire au moment où nous sommes.

Que la question italienne, par sa complexité même, soit une de ces questions faites pour remuer le monde, qu’elle ait été et qu’elle soit encore l’épreuve de toutes les politiques, rien n’est moins douteux, La situation de l’Europe le démontre : la France et le Piémont aux prises avec l’Autriche en Italie, l’Allemagne échauffée et agitée depuis, trois mois, l’Angleterre se rejetant d’une négociation infructueuse dans une neutralité armée où une sympathie secrète pour la cause italienne se combine avec une certaine inquiétude, la Russie parlant peu et attendant, prête à suivre les événements, ce sont là les traits essentiels et visibles d’un état qu’un incident de guerre ou une résolution subite peut simplifier ou aggraver. Or, en présence de cet ensemble de choses, où trouver le secret de ce que peut devenir cette lutte, des proportions qu’elle peut prendre, des complications qui peuvent la dénaturer, et dont toutes les prévoyances doivent tendre à l’affranchir, si ce n’est dans la profondeur des faits, dans la vérité de tous les intérêts et de toutes les situations ?